06 - Alpes-Maritimes

Droit à l’éducation d’une jeunesse exilée. Toute une société pour lui construire un avenir Rencontre départementale RESF06 : 4 octobre 2025

140 personnes se sont retrouvées pour cette journée à Nice.
Marilyne Desbiolles : invitée d’honneur ouvre cette journée en présentant son parcours et son empathie pour les exilé-es…

La matinée est dédiée à une réflexion sur l’accueil des personnes exilées :
Plusieurs témoignages débutent cette matinée :
Le parcours d’un jeune (16ans en 2020) venu de Côte d’Ivoire à qui la minorité n’a pas été reconnue ; hébergé et soutenu par une famille RESF, a obtenu un CAP, un emploi en CDI, une carte de séjour au bout de trois ans… artiste aussi : il nous a accompagné-es tout au long de cette journée en réalisant une peinture !
Deux vidéos projetées : lien en fin d’article
 Témoignage du parcours d’un migrant dans les montagnes de la Roya (au-dessus de la frontière de Menton-Vintimille).
 prise de parole du sociologue Eric Fassin : « aujourd’hui, mémoire de demain »

Réflexion sur l’imbrication des deux termes Citoyenneté et Nationalité au niveau juridique par un professeur universitaire : rappel des notions sur les droits du sol et du sang, les évolutions de la loi sur la naturalisation, et toujours le pouvoir discrétionnaire de l’État… Rappel de la loi dite Darmanin pour conclure.

L’association Habitat et Citoyenneté donne un compte rendu de ses actions sur le suivi des familles et des mineur-es isolé-es : suivi de la scolarité et actions pour le droit effectif à la « cantine » notamment.

Tous citoyens 06 (association qui défend les MNA) : état des lieux chiffrés : 3200 environ de jeunes en cours de reconnaissance de minorité, 79 pour le 06 ; 60 % obtiendront cette reconnaissance. 1/3 de ces jeunes sont à la rue et le nombre de filles a doublé…
Le problème est crucial pour la scolarisation des ces jeunes, le rectorat les « ignorant » pour la scolarisation de ces jeunes tant pour l’école publique que privée.
Le danger est permanent également pour ces mineur-es laissé-es à la rue par le Conseil Départemental car cibles potentielles pour les narco-trafiquants…

Le COVIAM (Comité de Vigilance des Alpes Maritimes) alerte sur les difficultés de plus en plus grandes à faire renouveler dans les temps les titres de séjour ; ces retards provoquent des pertes de travail ou de logement.
A son initiative, une action juridique inter-associatives est en cours pour obliger la préfecture des Alpes maritimes à respecter la loi.

Exil et Traumas : une réflexion d’un psychiatre qui suit un groupe dans le cadre de RESF depuis trois ans.
Quelques considérations : l’exil représente l’espoir d’un retour possible ; aujourd’hui ce peut être une déchéance de nationalité, une expulsion. Il n’y a pas d’exilé-es volontaires : « choix » de quitter son pays… Analyse des conséquences psychologiques sur les personnes confrontées à ces traumatismes et rôle du psychiatre dans ce groupe.

Fabrique de l’opinion et démocratie :

Cette matinée a été entrecoupée de prestations musicales et théâtrales offertes par des artistes militants.

Le buffet préparé par nos amis du CLAJ (Auberge de jeunesse) a été un moment de convivialité et d’échanges.

Après-midi : répartition des participant-es en ateliers au choix :

Eduquer à la fraternité par les jeux pédagogiques ? Et étudier pour construire son avenir ?
Interventions dans les écoles et les collèges, liens avec les étudiants.

Vivre la démocratie par l’action citoyenne ? Et mieux défendre les droits des familles exilées ?
Enquêter, s’informer pour connaître les familles « à la rue », agir pour défendre leurs droits sur Nice, voire sur d’autres villes si possible.
Projets d’actions dans le cadre des journées de défense des droits des enfants les 19/20 novembre et de celui du Printemps des Migrations (21 mars au 12 avril 2026).

Réparer les traumatismes du non-accueil ?
La question du temps est primordiale : du temps pour établir la confiance, du temps pour l’expression des traumas… Les adolescents sont dans la « résistance ».
Pour les accompagnant-es : crainte de ne pas arriver à « bien faire », trouver la place pour agir,
prendre en compte le contexte culturel de la personne.

Atelier philo sur l’hospitalité
Postulat de départ : il est 22heures et quelqu’un-e sonne à votre porte ; que faites-vous ?
A partir de cette question s’engage une discussion sur ce que chacun-e fait ou pas, pourquoi, les imaginaires…
Quelques questions débattues : Qu’est-ce que l’hospitalité ? De quelle culture venons-nous ? Quelles sont nos limites ? De quoi avons-nous peur ?

Nous remercions chaleureusement notre invitée d’honneur, tou-te-s les artistes, les intervenant-es, et les participant-es à cette journée.