37 - Indre-et-Loire

Pour le mois de novembre 2022, nous avons centré notre réflexion, détaillée dans le 109e bulletin du Cercle de silence de Tours sur le thème :

Quand l’Europe devient une forteresse… 176 e Cercle de silence de Tours, mardi 29 novembre 2022 - place du Palais, de 18 h 30 à 19 h 30. Rassemblement de toutes celles et ceux qui veulent que soit respectée la dignité humaine des étrangers.

Pendant plusieurs semaines, la France et l’Italie se sont opposées, à grand renfort de déclarations tonitruantes, pour savoir qui devait accueillir les migrants récupérés en mer par l’équipage de l’Ocean Viking. Si le gouvernement français n’était pas prêt à s’en laisser remontrer en matière de fermeté par son homologue néo-fasciste italien, chacun semblait manifestement considérer que faire preuve de l’humanité la plus élémentaire en acceptant sur son territoire 234 personnes en situation de détresse relevait d’un inacceptable signe de faiblesse. Est-il besoin de rappeler que depuis le début de l’année, 1765 migrants ont disparu en Méditerranée ? Et ce dans l’indifférence quasi générale des pouvoirs publics, quand ce n’est pas avec leur complicité indirecte mais réelle – un récent rapport de l’OLAF (Office européen de lutte antifraude) pointait ainsi les manquements graves de Frontex, l’agence européenne en charge de la gestion des frontières, qui a délibérément laissé les gardes-côtes grecs refouler des réfugiés en situation périlleuse vers les côtes turques. Il ne s’agit plus seulement de non-assistance à personnes en danger mais de violation pure et simple des traités internationaux et de déni d’humanité.

Ces atteintes graves au droit et à la conscience se retrouvent du reste dans la façon dont sont traités les migrants qui parviennent malgré tout à rejoindre les côtes françaises.

Malgré les annonces du président de la République en 2017 et, plus récemment, celles de de son ministre délégué au Logement qui affirmait « qu’aucun enfant ne resterait à la rue cet hiver », de très nombreuses personnes sont encore aujourd’hui contraintes de dormir dehors faute de se voir offrir l’abri auquel la loi leur donne pourtant droit. 620 en sont mortes en 2021. Du fait de la saturation des services d’accueil qui ne peut pas toujours être compensée par l’action des associations ou la générosité de certains particuliers, chaque nuit, des enfants, des femmes, des hommes, restent à la rue partout en France, y compris en Indre-et-Loire et à Tours. Si tous ne sont pas migrants, ils sont nombreux parmi eux. Ce sont les conditions d’accueil, pourtant déjà souvent indignes et inhumaines, de ces personnes qui n’ont pas eu d’autre choix que de quitter leur pays et qui ont connu les violences de l’exil avant de subir le rejet et l’hostilité de pays auprès desquels ils espéraient trouver de l’aide que le ministre de l’Intérieur prétend durcir à travers un énième projet de loi qui relève essentiellement de la communication politicienne tant chacun sait que les mesures qu’il propose seront inapplicables, aussi bien au niveau logistique qu’économique.

Et pendant ce temps-là, des êtres humains continuent de souffrir sous nos yeux.

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Notes

[1À l’appel de : Chrétiens-Migrants, Réseau éducation sans frontières (RESF), Emmaüs cent pour un, Utopia 56, Pastorale des migrants, CCFD Terre solidaire, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Rencontre Entraide protestante, Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), Amnesty International 37, La CIMADE, Europe Écologie-Les Verts touraine, NPA, ATTAC, Collectif Palestine 37, et de tant d’autres qui relaient cette information.
En mémoire du père Léon Gahier, prêtre-ouvrier, capucin de la famille des Franciscains et parrain du Cercle de silence de Tours.
Contacts : Louis BARRAUD (02 47 28 54 41 - 07 86 27 44 87), Patrick BOURBON (02 47 63 27 06), Olivier PION (06 24 66 96 23)