37 - Indre-et-Loire

178e Cercle de silence de Tours

Une loi pour surveiller, dénoncer, expulser les exilés Mardi 31 janvier, rassemblement de 18 h 30 à 19 h 30, place Jean-Jaurès, à Tours, de celles et ceux qui veulent que soit respectée la dignité humaine des étrangers.

Nous avons centré notre réflexion, détaillée dans le 111e bulletin du Cercle de silence de Tours, sur le thème : " Une loi pour surveiller, dénoncer, expulser les exilés. "

Plusieurs fois évoqué dans nos précédents bulletins, le projet de loi Asile et Immigration sera présenté en conseil des ministres dans les prochains jours. Comme tous ceux qui l’ont précédé ces trente dernières années, il s’agit encore une fois de limiter les arrivées et d’accentuer le rejet des migrants en mettant en place des mesures législatives favorisant un système d’exclusion violent, voire meurtrier, qui cautionne les politiques protectionnistes des droites extrêmes. Présenté par le gouvernement comme un projet de loi qui « accepte de regarder les choses en face, avec pragmatisme et réalisme, notamment pour ce qui concerne l’immigration économique et l’intégration par le travail », il apparaît surtout comme une vaste opération de communication visant une fois de plus à aborder la question migratoire comme un problème à régler, une menace à écarter, en occultant délibérément la part de souffrance qui accompagne le parcours migratoire d’êtres humains qui n’ont pas eu d’autre choix que de quitter leurs pays pour échapper à la misère ou à la mort.
Pour faire passer une politique toujours plus brutale dans laquelle des êtres humains en situation de grande précarité sont considérés comme de vulgaires marchandises dans le stock desquelles il suffirait de piocher selon les besoins des entreprises, les migrants sont d’emblée présentés comme des envahisseurs, des délinquants, des ennemis qui constitueraient un grave danger pour notre société si n’étaient pas mises en place des mesures de régulation basées sur la surveillance, la dénonciation et l’expulsion. A chaque nouveau texte de loi, les gouvernements sombrent un peu plus dans l’indignité en s’entêtant à proposer des mesures qui piétinent les principes républicains sur lesquels s’est construit notre pays et s’avèrent par ailleurs d’une parfaite inefficacité. Qui peut réellement croire qu’en lacérant des tentes à Calais on empêchera des Érythréens ou des Afghans de fuir des régimes politiques effroyables ? Qu’est-ce qui justifie alors de rajouter ainsi gratuitement de la souffrance à la souffrance ? Le gouvernement a fait le choix de la violence et de la peur. Chaque citoyen peut le suivre en faisant celui de la haine ou de l’indifférence. Il peut aussi faire celui de la fraternité et de la solidarité. C’est son droit et son devoir.

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Contacts : Louis BARRAUD (02 47 28 54 41 / 07 86 27 44 87) ; Patrick BOURBON (02 47 63 27 06)

Notes

[1À l’appel de : Chrétiens-Migrants, Ligue des droits de l’homme (LDH), Réseau éducation sans frontières (RESF), Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), Amnesty International 37, Pastorale des migrants, CCFD-Terre solidaire, Rencontre-Entraide protestante, La CIMADE, Europe Écologie - les Verts Touraine, NPA, ATTAC, Collectif Palestine 37, Emmaüs cent pour un, et de tant d’autres qui relaient cette information.
En mémoire du père Léon Gahier, prêtre-ouvrier, capucin de la famille des Franciscains et parrain du Cercle de silence de Tours.